LA PRESSE
Paris-Hambourg: plus
de mille km séparent ces deux villes imposantes. Marianne Anska
- Laurent Le Doyen sont presque aussi loin l'un de l'autre dans leur
jeu que dans leur vie. mais ils partagenst l'amour du métier
et quelque chose d'instictif: lui est d'une beauté très
virile, elle, d'une beauté très féminine.
Marianne est à
Paris. L'hiver se glisse dans la peau de l'automne et Elisabeth, le
nouveau personage qu'elle interptète, se glisse dans celle de
Judith. "Au début du tournage du "Clan", de Claude
Barma, j'ai éprouvé beaucoup de difficultés à
ne pas me servir de Judith. Difficile de casser le cordon ombilical.
Cela s'est fait peu à peu. Un jour, ma mère m'a dit: "toi
tu commences à avoir la tête d'Elisabeth et plus
celle de Judith". Et c'est vrai. Marianne Anska, dans un petit
restaurant, près de TF1, commande une pizza et de l'eau minérale.
En attendant, elle avale des petites gélules roses. "C'est
du Germe de blé. C'est bon pour tout."
Laurent Le Doyen est à Hambourg. Il fait beau. C'est rare. Et
froid. C'est normale. Le Gerfaut est entré comme par effraction
dans cette ville. Il ne sait pas un mot d'allemand et sur le lieu de
tournage du film de Bettina Woernle, "Der Einbruch" ("La
Cassure"), toute l'équipe est allemande, exceptée
Aurore Clément qui lui done la réplique. "J'incarne
le rôle de Mario, immigré italien, cambrioleur fou de bijoux,
qui un jour tombe sur une femme de quarante ans, Aurore Clément,
une femme d'un autre milieu, d'un autre univers. Il va la préférer
à ses bijoux et une complicité va naitre entre eux."
Laurent Le Doyen, dans un restaurant français, près du
port, commande un filets de sole et du rosé de Camargue. On lui
sert une quiche lorraine pour Patienter.
Marianne Anska entame sa "Margherita", comme sa carrière:
avec voracité. Elle tient du Gerfaut, cet oiseau de proie qui
fond des proies plus grosses que lui. Elle tient aussi de la poupée
russe, un peu fragile, des pommettes hautes où viennet se poser
des yeux un rien asiatique. "C'est vrai. Queleque part, j'ai du
sang slave." " La famille de monpapa a perdu son nom au moment
de la Révolution. Mais ça n'a pas du tout joué
dans ma comréhension du personnage de Judith."
Laurent Le Doyen
se jette sur son poisson. Une rasade de vin fait passer plus facilement
les premières bouchées. Il tient aussi du gerfaut. Comme
le fameux faucon, il n'est pas facile à doestiquer, à
chaperonner. Il est un animal un peu solitaire. "Je me sens de
plus en plus celtique et romantique. La Bretagne, l'Ecosse, l'Irlande,ça
me parle. C'est dans ma poétique des choses, de tout mes rêves.
Je finirai mes jours en Bretagne devant la mer déchaînée."
A Paris, marianne
Anska en est au café. "Le Gerfaut" est la série
qui l'a révélée. Avec Marion Sarraut, elle s'est
parfaitement accordée. " Le tournage a duré sept
mois. C'est un peu comme dans une troupe théâtrale. On
apprivoise l'équipe. On bouffe ensemble. On vit ensemble. C'est
un réel travaille de fond." Marianne Anka c'étais
tout à fait bien intégrée. Il faut dire que ses
parents s'ocupaient d'une companie théâtrale à Marseille.
Un des rêves les plus ancrés en elle est de posséder
un jour une salle parisienne. Son Mari, Xavier Clément, est également
comédien.
A Hambourg, Laurent
Le Doyen termine son café. "Le Gerfaut" est pour lui
un grand pas accompli, une étape primordiale, même s'il
se sentait pas toujours à l'aise dans l'équipe essentiellement
féminine de Marion Saraut. "Sur le tournage, j'étais
souvent distrait. Marion Sarraut me reprochait souvent mon manque de
cocentration. C'est un problème, mais je crois que c'est également
une qualité. C'est ma curiosité qui me pousse à
poser mon regard un peu sur tout. En même temps, je suis soucieux
de ce qui passe à l'image. Lorsque le goblet que je dois prendre
est vide, alors que je l'avais imaginé plei, cela me gêne,
me bloque presque. Il me faut du temps pour me reconcentrer." Laurent
Le doyen aime le théâtre (il a débuté aus
Amandiers de Patrice Chéreau), mais il n'est pas un théâtreux.
il a une vie privée bien distincte de son métier."J'ai
seulement deux ou trois amis comédiens."
A Paris, Marianne Anska évoque à peine Laurent Le doyen.
Un peu comme dans la fiction, ils ne se sontjamais vraiment trouvés.
Le tournage a duré sept mois, mais cela n'a pas suffi à
faire en sorte qu'ils se comprennent réellement. "On ne
joue pas d'une manière équivalente, dit-elle. On ne vit
pas les mêmes choses. Dans l'histoire, les deux personnages n'arriventjamais
à se rencontrer. ils ont une curiosité l'un pour l'autre.
Il en va de même por les acteurs." Marianne Anska met son
manteau blanc, prend un taxi, direction Brie-sur-Marne, ie lieu de tournage
du "Clan". Elle devient Elisabeth, une future mère
trés sicilienne. Laurent Le Doyen met une vielle veste de cuir
râpé, seul héritage de son grand-père. Il
va rejoindre Aurore Clément, sous un pont, pour une scène
de nuit. Il devient Mario, le petit voleur italien... Bernard Lopez"Téléstar"
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